Votre main se pose spontanément sur votre coeur, ce brave petit muscle qui a bien faillit vous lâcher (ce qui aurait été dommage, tout de même...). Ce n'était qu'un miroir, une vulgaire glace, pas de quoi fouetter un chat (sinon j'appelle la SPA....ah ah, mon humour est naze...).
Vous avez donc été effrayé par votre propre reflet, ce qui vous suivrait jusqu'au troisième âge si vos amis savaient cela. Vous pouvez bien compter sur eux pour ne pas vous laisser oublier la moindre petite humiliation. Vous remettez en place la tenture, qui exhale une odeur de moisi prononcé, et poursuivez. Vos yeux se posent sur une esquisse représentant le manoir, puis sur une énorme araignée qui vous fait des grimaces depuis le plafond. Vous descendez des escaliers, afin de retourner dans des lieux connus, poussez une porte au hasard.
Ce n'est qu'une bibliothèque, qui a l'air bien innocente : rien que de grandes étagères ployant sous des milliers d'ouvrages centenaires, à l'odeur de vieux papier enivrante et aux pages jaunies par des années passées à attendre en vain un lecteur. Vous saisissez un des livres par la tranche, vous soufflez dessus pour en ôter la poussière, observez la couverture de cuir craquelée. D'un geste délicat, vous l'entrouvrez, lisez les premières lignes d'une écriture manuscrite, fine et élégante. C'est le journal intime d'une jeune femme, qui vous enjoint de ne pas lire ses secrets si d'aventure vous tombiez sur ses écrits. Ignorant cette demande, vous feuilletez l'ouvrage, avant de vous arrêter à la dernière page, sur laquelle vous lisez : Dix-huit septembre 1890 : cette nuit, je suis morte de la main de Dominique.

![The Bibliophobe mène l'enquête [ nan c'est pas un titre de la bibliothèque verte ]](http://a6.img.v4.skyrock.net/a65/halloween/pics/373532827_small.jpg)
