"La peste soit de [cette maison] !" [Shakespeare un peu modifié Ooops]

"La peste soit de [cette maison] !" [Shakespeare un peu modifié Ooops]

Seul un léger murmure fait écho aux paroles insouciantes que vous avez jetez par bravade. Votre phrase semble suspendue dans les airs. Malgré la peur qui vous étreint, vous faites un pas de plus. Vos yeux baissés vers l'apparition distinguent un mince linceul de poussière collé à ses vêtements et ses cheveux. Vous auriez juré qu'on l'avait posé là des années auparavant et qu'on ne l'aurait depuis plus bougée ; votre raison se révolte à cette idée logiquement impossible .Mais qu'est la logique en ces lieux ?
A pas de loup, vous vous rapprochez davantage. Les épaules de la petite tressautent légèrement et sa tête dodeline, puis, sans crier gare, elle se retourne brusquement.
Rien de bien terrible dans cette vision pourtant, malgré vous, vous faites un bond en arrière et chutez lourdement sur le sol, ce qui devient une habitude.
Se faisant, ses doigts ont arrêtés leur gracieuse danse sur les cordes de la harpe et le silence qui s'en suit est lourd et étouffant. Son visage, pâle et poussiéreux, est baissé vers vous, pourtant ses yeux ternes et gris ne semblent pas vous voir. Ceux-ci, semblables à deux billes d'acier fades, sont voilés et tendent un regard aveugle vers un point situé derrière vous. Alors que vous la dévisagez avec un étonnement teinté d'horreur, vous voyez ses traits prendre une expression moins figée, son corps se détendre ; elle cille et tout voile quitte ses yeux sans âge. Sa bouche se tord en un rictus amusé et d'un bond, elle saute non sans grâce sur le sol, soulevant un nuage de poussière. Alors qu'elle vous dépasse, vous sautez sur vos pieds et constater par le menu que vous est seuls dans la pièce. L'inconnu(e) du caveau, qui qu'il/elle soit, a filé à l'anglaise.
La petite fille, les mains sur les hanches, vous tourne de nouveau le dos. Droite comme un i et bien campée sur ses pieds, elle ressemble à quelqu'un qu'on vient d'éveiller d'un long sommeil.
- Je savais que tu viendrais.
Ces cinq mots vous surprennent au plus haut point, d'une part au vu de leur teneur, de l'autre car ils étaient inattendus. Vous doutiez même qu'elle soit douée de parole .Sa voix flûtée résonne dans votre tête et son ton assuré vous étonne. Une foule de questions se pressent aux portes de votre bouche mais aucune de les franchit.
La petite se retourne d'un mouvement vif, vous toise avec froideur : d'un ton épouvantablement insolent, elle jette avec mépris :
- le silence ! est-ce donc tout ce à quoi j'ai le droit après tout le mal que je me suis donnée !
Son regard glacé vous donne des frissons : jamais vous n'avez vu une expression aussi cruelle ! Plaquée sur l'angélique masque d'un visage d'enfant, elle est encore plus terrible.
- Qui es-tu ? répétez-vous d'une voix rauque.
Le rire qui retentit alors vous glace de la tête au pied. L'idée de fuir vous traverse mais vous l'écartez aussitôt : pour aller où ?
- Oh ! qui suis-je ? qui suis-je ? ne l'as-tu donc pas deviné ! je suis Dominique pardi !


# Posté le vendredi 19 octobre 2007 12:46

Modifié le dimanche 12 avril 2009 14:40

Dans son bas de laine Ma Madeleine Remise la prunelle de ses yeux [Tété]

Dans son bas de laine Ma Madeleine Remise la prunelle de ses yeux [Tété]

Dominique...ce prénom se fraie peu à peu un chemin dans votre cerveau embrumé. La surprise vous terrasse et semble vous priver de toute capacité de réaction. Dominique vous regarde d'un ½il rond et moqueur, elle semble attendre votre réaction. Puis, sans crier gare, elle vous tourne le dos et vient se poster devant l'ouverture, semblant jauger du regard la distance qui vous sépare d'une partie moins sinistrée de la maison. Puis, passant près de vous, elle écarte un rideau que vous n'aviez même pas remarqué et vous fait signe de la suivre. Ce que vous faites, sans bien savoir pourquoi.
La pièce dans laquelle vous venez d'entrer est exiguë et tellement meublée qu'on dirait une sorte de débarras. Au milieu, un vieux fauteuil éventré accueille entre ses bras Dominique qui, majestueuse, vous toise de ses yeux gris.
- Tu as bien tardé avant de me rejoindre. murmure-t-elle. Sa voix est douce mais dur est son regard.
- J'ai eu quelques petits désagréments marmonnez-vous d'un air peu amène.
Dominique accueille ces paroles avec un léger rire qui sonne étrangement, comme une mécanique mal huilée.
- Je dois avouer que c'était fort drôle. réplique Dominique en jugulant son hilarité.
- Comment ça ?!
Votre réponse a fusé, et le sourire qui étire les lèvres de Dominique s'agrandit davantage. Vous n'auriez jamais cru possible de voir un sourire si grand sur un si petit visage.
Dominique soupire, saute à bas de son trône : décidément cette enfant ne tient jamais en place. Se positionnant de manière à vous empêcher toute retraite, elle vous informe d'un ton égal :
- J'ai tout vu. Je vois tout dans ma maison. Tout.
- Je croyais que c'était celle de Madeleine, protestez-vous en vous demandant pourquoi diable vous discutez avec elle.
Une grimace de dédain tord les traits de Dominique.
- Elle...cette mijaurée...elle se la serait bien appropriée. Ce manoir n'était pas plus sien qu'il n'est tien.
- Tu l'as tué ! vous exclamez-vous en regrettant un tel éclat.
Les yeux qui vous fixent se font durs, distants, froids. La petite bouche prend un pli cruel et ses mains se crispent.
- Oui. Certes. Mais il le fallait. Je ne pouvais laisser mon frère épouser une telle femme.
- Pourquoi ?
Un reniflement de mépris fait écho à vos paroles.
- Je n'ai pas à me justifier. rétorque-t-elle.
- Et ces monstres alors ? d'où viennent-ils ?
Un rire la secoue de nouveau : on la croirait hystérique.
- Mais voyons, n'as-tu pas comprit ?! C'est moi qui les ais crée ! il n'y a rien de moins réel : ils sont tous droits sortis de mon imagination. Avoue que tu les as cru vrais !
Alors que la compréhension commence à se faire un chemin dans votre esprit, vous réalisez qu'il vous faut fuir et si possible retrouver l'inconnu du caveau. Vous ne serrez pas trop de deux pour échapper à ce monstre.

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 07:02

Modifié le dimanche 12 avril 2009 14:39

Mini-CloClo poussé à bout o_O

Mini-CloClo poussé à bout o_O
- Je ne crois pas que cela soit possible murmurez-vous, en évaluant du regard vos chances de la bousculer et de s'enfuir.
Ses yeux pâles se plissent, sur sa bouche s'esquisse un sourire. Elle se rit de vous. Jamais visage enfantin n'a paru si railleur. Vous vous sentez presque offensé. Tout en elle crie le mépris, de ses yeux froids au pli dédaigneux de sa bouche.
- Tu parles de croire, moi je te dis ce qui est. Nul n'est besoin de croire, ici tu le vis. Ne pas y croire serait la preuve d'un esprit fou.
Il vous faut la provoquer. Cette idée fit jour soudainement dans votre esprit et rafermit votre volonté. La peur est refoulée, seule demeure cette froide volonté. C'est la seule solution. La provoquer, la pousser à bout. Sauver votre vie.
- Peut-être le suis-je. Oh oui, je dois assurément l'être pour envisager qu'une si jeune enfant, une telle gamine puisse ainsi avoir un tel ascendant sur la réalité. claironnez-vous tout en essayant de paraître assuré. Croyez-moi ce n'est pas une mince affaire ! Le souvenir des épreuves qu'elle vous a déjà fait enduré se rappelle à votre bon souvenir. C'est qu'elle est coriace dans son genre, la petite peste !
Dominique a l'oeil brillant et la bouche pincée. On la croirait sur le point de cracher.
- Une gamine? Es-tu donc bien fou pour ne voir en moi que mon jeune âge ! Faut-il citer Corneille pour que tu me prennes au sérieux?
Corneille? Que vient-il donc faire ici, songez-vous. Peu vous importe au fond. Il vous faut poursuivre. Lui faire perdre sa froide maîtrise d'elle-même.
- Nul auteur, aussi talentueux soit-il, ne peut me faire te voir d'une façon différente. Tu n'es qu'une sale gosse !
Votre voix tremble ; une part de vous frissonne de concert et vous somme d'arrêter, vous murmure que c'est folie. Trop tard, vous êtes lancés.
- Tu devrais davantage jouer aux barbies et regarder Dora l'exploratrice !
Elle vous lance un regard où se mêle perplexité et colère : elle n'y entend rien mais y décèle néanmoins l'insulte cachée. Elle fait un pas vers vous. Vous peinez à trouver des idées, la peur menace de vous submerger. Vous vous sentez traqué(e).
- Tu n'es au fond qu'une fillette capricieuse. Et sais-tu? tu ne grandiras jamais ! Tu resteras pour toujours engoncée dans ce corps juvénile !
L'idée vous est venue quand de façon assez incongrue le dernier film que vous avez vu vous est revenu en mémoire : entretien avec un vampire. Claudia, oh oui, on dirait Claudia. La pauvre petite vampire piégée à jamais dans son corps de fillette.
Dominique vous dévisage, sourcils froncés et poings serrés, l'illustration même de la grande dame outrée.
- Tu ne sais rien de moi ! aboit-elle, en avançant de nouveau. Son menton est levé vers vous. Elle semble vous mettre au défi de continuer.
- Je sais ce que je vois ! Tu as tué ton frère aussi, non? Parce qu'il préférait Madeleine ?
Vous y êtes allé au bluff mais vous semblez avoir touché juste.
Elle s'avance vers vous d'un air résolu. La haine brille dans ses prunelles
- Et tu sais pourquoi? parce que tu n'es qu'une sale gamine capricieuse et pénible !
D'un bon elle se jette sur vous, mais vous avez anticipé le mouvement. D'un geste brusque vous la repoussez avec une étonnante facilité et sans un regard en arrière, décampez. Vite, Il vous faut trouver votre compagne/compagnon.


# Posté le mercredi 23 janvier 2008 08:11

Modifié le dimanche 12 avril 2009 14:39

Running up the country, Fiction Plane


Avez-vous déjà couru avant ce jour? De lointains souvenirs de membres courbaturés, de souffle court vous parviennent, mais ce n'était que le cours d'endurance, que l'on séchait allègrement en prétendant être malade, ou en se cachant dans les toilettes. A ce moment précis, vous regrettez de ne pas avoir été plus sérieux en cours de sport.
Sous vos pieds, le sol défile, vous semblez à deux doigts de la semer. A deux doigts, dis-je, car ce n'est en réalité qu'une impression. Vous passez devant des portes closes, trébuchez sur des objets qui, vous l'auriez juré, n'étaient pas là quelques secondes auparavant. Haletant, perdu, un point de côté vrille votre flanc. Et vous qui vous riiez de votre voisin courageux (stupide était le mot que vous employiez alors) qui passe ses dimanches matin à faire le tour du patelin au petit trot, accompagné de sa femme en short rose fluo et du chien (au collier assortit au short, so fashion !). Le voisin, en attendant, ne serait pas à moitié plié en deux en plein milieu du couloir.
De petits pas dansant sur le sol vous poussent à continuer. Elle approche.
Vous ne connaissez pas cette partie de la maison, qu'importe ! Elle semble s'étirer, les murs paraissent se resserrer, la maison a l'air vivante. Le sol sous vos pieds tremble légèrement, mais peut-être n'est-ce là qu'une impression issue de votre course effrénée.
Une porte ! Une porte vers le jardin ! Vous pleureriez presque de soulagement, mais vous n'avez pas le temps. Oubliant votre compagne/compagnon et lui souhaitant bien de la chance, vous poussez de toutes vos forces le battant qui pivote pesamment. L'air nocturne vous caresse le visage, vous sortez.
Quel décor onirique et sinistre semble alors le jardin ! Les herbes vous arrivent presque à la taille, un arbre mort jonche votre chemin. Vous devez contourner la maison pour regagner la rue. Ce n'est pas une mince affaire. Comment faire? Vous repoussez la végétation, songeant aux publicités pour tondeuses entrevues ce matin même au petit déjeuner. Votre pied heurte soudain quelque chose, vous chutez (encore). Qu'est-ce que c'est donc que cette pierre taillée, sur laquelle courent vos mains curieuses? Serait-ce...serait-ce...une tombe?

# Posté le vendredi 06 juin 2008 13:54

Ultime confrontation. Christophine, t'es là? [private joke]

C'est bel et bien une stèle, que le temps, une rafale un peu brusque, un geste maladroit a fait choir à terre. Un nom y est gravé, celui de Dominique, vous l'aurez deviné. Seule la date vous laisse pantois. Dominique est morte deux ans avant Madeleine.

- Oui, fit celle-ci d'un ton laconique, cela est vrai. Je suis morte il y a déjà bien longtemps.

Quand vous-a-t-elle rattrapé, vous ne le savez guère. Toujours est-il que sa silhouette se détache dans l'encadrement de la porte. Ses yeux semblent tristes mais résolus.

- J'étais toute petite alors, et j'avais la pneumonie. Elle m'a ravie ma vie mais Joséphine, ma da, ne m'a pas laissé partir. (Elle eut un grognement méprisant)Bien sur tu ne sais rien de tout cela. A cette époque, les petites filles riches avaient souvent une nurse qui devait s'occuper d'elles. La mienne venait de Jamaïque, où sa mère lui avait appris quelques rudiments de vaudou. J'étais comme sa fille. Quand la pneumonie m'a achevée, Joséphine a relevé mon cadavre. Personne n'en a rien su, Mon frère, la famille proche, les domestiques. Tous ont gardé le secret. (Un petit rire fit dodeliner sa petite tête blonde). Il faut dire que ces derniers n'ont pas vécu assez longtemps pour pouvoir dire quoi que ce soit.
La vie était facile pour moi. Je ne vieillissais pas, certes, mais mon esprit s'aiguisait et ma perception des choses suivait le même chemin. Bien assez vite je me rendis compte que je pouvais modifier mon environnement, ou tout du moins agir sur la perception de mon entourage. Et ce pouvoir allait grandissant.
Mon frère passait beaucoup de temps avec moi, il s'en voulait, le pauvre. S'il ne m'avait perdue dans les bois, jamais je ne serais tombée malade. Puis elle est arrivée. Cette mijaurée lui a complètement tournée la tête. Madeleine. Alors le jour du mariage, j'ai décidé que son lit de noce serait son tombeau. Cela faisait plusieurs jours que je lui envoyais des signaux, elle était terrifiée, c'était si drôle. Elle sentait que quelque chose n'allait pas à mon sujet et j'ai vite compris qu'elle avait vue ma tombe. Elle a tentée de se réfugier dans la bibliothèque mais je l'ai vite retrouvée. C'était fort divertissant. J'ai saisit la plus belle statue de bronze de mon frère et méthodiquement lui en ai frappé le crâne. J'ai entendu du bruit, essuyé le sang qui maculait mon visage mais trop tard, mon frère m'avait vu. Je l'ai poursuivit dans la maison et l'ai tué. Je ne pouvais pas le laisser en parler à tout le monde. De retour dans la bibliothèque, j'ai vu que cette cruche de Madeleine n'était pas morte tout de suite, elle avait eu le temps d'inscrire sa mort dans son journal. Je l'ai caché, puis j'ai disposé le cadavre de Madeleine dans un fauteuil. Sa belle robe était désormais plus rouge que blanche.
Il y eut une enquête, personne ne me suspecta. évidemment, comment l'aurait-on pu? J'avais moi aussi été massacrée ce jour-là. C'est ce que ma da, Joséphine, fit croire. Et on l'a cru. Puis Joséphine est morte aussi. Elle n'avait pas été gentille avec moi, me blâmant pour ces morts. Personne n'habitait plus dans la maison, j'étais si seule ! Mon pouvoir grandissait mais je ne pouvais toujours pas quitter la maison. Des gens sont venus, ils ne sont jamais repartis. Et tu es là maintenant ! oh comme tu m'as divertit !

- Ah c'est sur, deux pour le prix d'un, quelle affaire ! raillez-vous.

Votre main vient de se refermer sur un étrange petit sachet attaché à la tombe.

- Deux? Dominique a l'air surprise et perd un instant de sa superbe.
- Oui deux, le chiffre après un, le chiffre avant trois.

Dominique vous fixe un instant sans mot dire puis éclate de rire.

- Pauvre imbécile ! Ton ami(e) n'est rien autre qu'un fantasme, une projection de ton esprit que j'ai développé jusqu'à qu'elle prenne forme. Ton ami(e) n'a jamais existé !

Alors que vous digérez ces mots, une idée vous vient.

- Hey Dom' ! Que se passe-t-il si le charme vaudou n'agit plus?

Le regard de Dominique se fait vide, et ses yeux se posent sur votre main, brandissant le petit sachet, qui, vous venez de vous en rendre compte, contient une patte desséchée de poulet et quelques autres objets tout aussi ragoûtants.

- NON ! s'exclame-t-elle, soudain blême.

D'un coup vous arrachez le sachet.

# Posté le vendredi 06 juin 2008 14:00

Modifié le vendredi 06 juin 2008 15:22