Seul un léger murmure fait écho aux paroles insouciantes que vous avez jetez par bravade. Votre phrase semble suspendue dans les airs. Malgré la peur qui vous étreint, vous faites un pas de plus. Vos yeux baissés vers l'apparition distinguent un mince linceul de poussière collé à ses vêtements et ses cheveux. Vous auriez juré qu'on l'avait posé là des années auparavant et qu'on ne l'aurait depuis plus bougée ; votre raison se révolte à cette idée logiquement impossible .Mais qu'est la logique en ces lieux ?
A pas de loup, vous vous rapprochez davantage. Les épaules de la petite tressautent légèrement et sa tête dodeline, puis, sans crier gare, elle se retourne brusquement.
Rien de bien terrible dans cette vision pourtant, malgré vous, vous faites un bond en arrière et chutez lourdement sur le sol, ce qui devient une habitude.
Se faisant, ses doigts ont arrêtés leur gracieuse danse sur les cordes de la harpe et le silence qui s'en suit est lourd et étouffant. Son visage, pâle et poussiéreux, est baissé vers vous, pourtant ses yeux ternes et gris ne semblent pas vous voir. Ceux-ci, semblables à deux billes d'acier fades, sont voilés et tendent un regard aveugle vers un point situé derrière vous. Alors que vous la dévisagez avec un étonnement teinté d'horreur, vous voyez ses traits prendre une expression moins figée, son corps se détendre ; elle cille et tout voile quitte ses yeux sans âge. Sa bouche se tord en un rictus amusé et d'un bond, elle saute non sans grâce sur le sol, soulevant un nuage de poussière. Alors qu'elle vous dépasse, vous sautez sur vos pieds et constater par le menu que vous est seuls dans la pièce. L'inconnu(e) du caveau, qui qu'il/elle soit, a filé à l'anglaise.
La petite fille, les mains sur les hanches, vous tourne de nouveau le dos. Droite comme un i et bien campée sur ses pieds, elle ressemble à quelqu'un qu'on vient d'éveiller d'un long sommeil.
- Je savais que tu viendrais.
Ces cinq mots vous surprennent au plus haut point, d'une part au vu de leur teneur, de l'autre car ils étaient inattendus. Vous doutiez même qu'elle soit douée de parole .Sa voix flûtée résonne dans votre tête et son ton assuré vous étonne. Une foule de questions se pressent aux portes de votre bouche mais aucune de les franchit.
La petite se retourne d'un mouvement vif, vous toise avec froideur : d'un ton épouvantablement insolent, elle jette avec mépris :
- le silence ! est-ce donc tout ce à quoi j'ai le droit après tout le mal que je me suis donnée !
Son regard glacé vous donne des frissons : jamais vous n'avez vu une expression aussi cruelle ! Plaquée sur l'angélique masque d'un visage d'enfant, elle est encore plus terrible.
- Qui es-tu ? répétez-vous d'une voix rauque.
Le rire qui retentit alors vous glace de la tête au pied. L'idée de fuir vous traverse mais vous l'écartez aussitôt : pour aller où ?
- Oh ! qui suis-je ? qui suis-je ? ne l'as-tu donc pas deviné ! je suis Dominique pardi !
!["La peste soit de [cette maison] !" [Shakespeare un peu modifié Ooops]](http://a6.img.v4.skyrock.net/a65/halloween/pics/1282436160_small.jpg)