Farewell.


Tout se brouille, tout disparait, il n'y a plus que le chaos. Le ciel,d'un noir d'encre passe à un blanc laiteux secoué d'éclair. Puis, plus rien. Juste les visages anxieux de vos amis penchés sur vous.

- Putain, j'ai cru que tu te réveillerais jamais ! fait l'un d'eux d'un air apitoyé, revissant sa casquette sur sa tête rousse.

Vous clignez des yeux, éberlué(e). Puis vous vous redressez brusquement, ce que vous regrettez brusquement car un vertige vous prend.

- Hé tout doux ! T'as fait une sacrée chute ! ajoute votre meilleure amie en vous rallongeant.
- Qu'est-ce que s'est passé? demandez-vous, perplexe.

Le sort vaudou, Dominique, la tombe, tout cela envolé?

- Tu allais entré dans la maison quand tu as glissé sur de la boue et tu t'es sacrément cogné la tête. Léa a appelé une ambulance comme t'es resté inconscient un p'tit moment, ils ne devraient pas tarder ! vous explique un tout petit blond assis en tailleur à vos côtés.
- Mais la maison ! Elle est hantée par une petite fille !
- Je crois qu'il/elle délire, dit le roux d'un air embêté.
- Non c'est vrai, allez-y !

Vos amis échangent des regards inquiets, une main rassurante tâte votre front. Non, vous n'avez pas de fièvre.

- Le/la pauvre, elle/il délire.

Les ambulanciers arrivent, l'on vous examine. Juste un traumatisme crânien bénin. Mais alors que l'on vous installe sur une civière par précaution, vous levez les yeux et frissonnez. A la fenêtre du troisième étage, une petite tête blonde vous regarde. Dominique et vous vous dévisagez mutuellement l'espace d'une ou deux secondes, puis le visage enfantin disparait dans l'ombre.
Tout est finit pour vous. Pas pour les autres.

# Posté le vendredi 06 juin 2008 15:34

Epilogue.

Epilogue.
Deux jours après les faits ainsi relatés, et de façon fort surprenante, le propriétaire des lieux se manifesta. Il s'agissait d'un lointain cousin du fiancé de Madeleine, le genre d'homme toujours pressé et trop rationnel pour son propre bien. Il pénétra dans la maison pour en estimer le mobilier et n'en ressortit jamais. On le retrouva pendu au lustre du salon.

Sa plus proche parent étant sa grande tante, celle-ci hérita du lieu. Très pieuse, elle fit venir un prêtre pour exorciser la maison mais le pauvre homme tomba raide mort en franchissant le seuil. Un second prêtre vint et demanda le renfort d'exorcistes. Trois vinrent, mais ils ne tombèrent pas d'accord. Le premier était d'avis qu'il fallait raser la maison, le second protestait en arguant que ce serait lâcher l'esprit frappeur sur la ville entière, quant au troisième, honnêtement, il s'en moquait pourvu qu'on le paie et lui laisse une pause déjeuner.
Le second exorciste obtint que l'on déterre le corps de Dominique, rebaptisée par les médias "Démoniaque". L'affaire traîna et prit de l'ampleur, le village devenant connu pour autre chose que le festival des croque-morts. On délivra un permis d'exhumer et l'on fit du squelette de Dominique un joyeux feu de joie, tandis qu'un prêtre récitait des "pater nostre" et autres "ave maria" en jetant du sel sur les flammes. Après cela, l'on fit raser la maison sans que celle-ci ne présenta de résistance particulière. Dominique n'était plus là, de toute évidence.

L'affaire se tassa, on l'oublia. Cinquante ans passèrent et l'on décida de bâtir sur ce qui était alors un terrain vague, un immeuble. Alors que l'on bâtissait les fondations, un ouvrier déterra par hasard une magnifique mais visiblement très ancienne boîte de bois ouvragé qu'il s'empressa d'ouvrir, poussé par une curiosité bien naturelle. Quelle ne fut pas sa déception de n'y trouver qu'un minuscule squelette de main, qu'il prit pour une reproduction destinée à une blague. De dépit, il jeta la main dans les fourrés, et rentra chez lui avec la boîte, qu'il vendit sur e-bay à un brocanteur pour 500 euros. Ce qu'il ne vit pas, en revanche, ce fut la main, ultime vestige du squelette de Dominique, ramper vers la bouche d'égout la plus proche...qui sait où elle peut se trouver à ce jour? A bien y regarder, c'est peut-être elle, cet éclat blanc entraperçu dans votre baignoire bleue à petits carreaux !


Quant au héros de cette histoire, il se fit suivre, car si l'on parlait beaucoup de cette histoire, on ne le prit jamais vraiment au sérieux. A ce jour, l'on ne sait pas vraiment ce qu'il est devenu, certains alléguant que sa famille l'a finalement fait interné, d'autres prétendant qu'il a fait sa vie, tranquillement, dans son coin, le plus loin possible du théâtre de son drame personnel.


C'est tout ce que je sais de cette histoire, cher lecteur, et j'espère qu'elle vous a plu. J'ai aimé vous la raconter, bien que je me sois probablement éloignée de la trame de départ, de celle qui m'était venue en 2005. Je vous remercie de m'avoir suivit et vous incite à vous montrer prudent à l'avenir x)

# Posté le vendredi 06 juin 2008 15:41

Modifié le dimanche 12 avril 2009 14:38